Trois membres présumées du groupe punk féministe Pussy Riot, dont deux jeunes mères, sont en détention après une performance anti-Poutine dans une église de Moscou. Les voilà devenues symboles de la répression de l'opposition russe.
L'élection de Vladimir Poutine n'a pas apaisé les tensions en Russie. Ces derniers jours, la police a arrêté plus de 130 manifestants pacifiques, annonce Human Rights Watch mardi 20 mars. « Les autorités, au plus haut niveau, doivent prendre des mesures immédiates pour protéger le droit aux rassemblements pacifiques », tonne l'ONG. Le 17 mars encore, deux protestataires ont été arrêtés à Moscou pour avoir brandi une affiche demandant la libération des membres de Pussy Riot. Ils ont été relâchés au bout de plusieurs heures.
« Sainte vierge, chasse Poutine »
Pussy Riot ? Sous les cagoules colorées se cache un groupe féminin de punk, féministe et écologiste, engagé depuis des mois dans le mouvement de protestation anti-Poutine. Et devenu aujourd'hui un symbole des revendications démocratiques en Russie... et de la répression. Deux de ses membres présumées (car toutes veulent rester anonymes), Maria Alekhina, connue pour son activisme écologiste, et Nadezhda Tolokonnikova, membre du collectif artistique «Voïna » ont été emprisonnées suite à une performance iconoclaste menée par le groupe.
« Sainte vierge, chasse Poutine », ont chanté cinq de ses membres le 21 février lors d'une « prière punk » dans une cathédrale de Moscou (vidéo ci-dessous) deux semaines avant l'élection présidentielle. Elles y dénonçaient également les liens entre l'Eglise orthodoxe et le pouvoir.
Église divisée
Arrêtées peu après, les deux femmes risquent jusqu'à 7 ans de prison pour « hooliganisme », et ont été placées en détention jusqu'à leur procès, prévu à la fin du mois d'avril. Toutes deux mères d'enfants en bas âge (4 et 5 ans), elles ont entamé une grève de la faim, le 4 mars, pour protester contre cette détention. Une troisième jeune femme, Ekaterina Samutsevich, a été arrêtée quelques jours plus tard et placée en détention sous la même accusation.
L'affaire divise l'église orthodoxe russe elle-même. De nombreux prêtres ont signé une pétition appelant à la libération des trois femmes. Mais une autre pétition circule au sein du clergé orthodoxe pour crier au blasphème et réclamer des sanctions exemplaires.
La situation de ces contestataires dépasse les frontières de la Russie. En France, une manifestation de soutien doit se tenir mardi 20 mars, à 18h30, devant l'ambassade de Russie à Paris. Dans un communiqué publié le 17 mars, EELV appelle à leur libération, dénonçant « le caractère arbitraire de cette décision qui n’a pour seul but que d’empêcher toute contestation du régime de Poutine en Russie. »
